Musicotérapie - Fondation Bergonié

Musicothérapie

En matière de bien-être et de conditions de séjour, la Fondation participe au lancement d’un programme test d’art thérapie à dominante musique (musicothérapie) sur des patients à douleur chronique.

Montant à financer : 10 000 €
Financé à :

100%
Ce qui nous intéresse dans ce cas précis, c’est de permettre au patient de reprendre la main

Interview du Docteur Fabrice Lakdja

Fabrice Lakdja fût médecin anesthésiste, réanimateur. Chef du département du CARE (Coordination Accompagnement Réhabilitation Evaluation) à l’Institut Bergonié et chargé d’enseignement à l’Université de Bordeaux II.

Comment avez-vous sélectionné les patients qui participent au programme de musicothérapie ?

FL : Les patients en traitement pour un cancer n’ont pas été directement sélectionnés, pour ne pas interférer sur le traitement en cours. Les personnes sélectionnées souffrent de douleurs chroniques et viennent aux séances de musicothérapie pour un traitement dit de « complément », exactement comme ce que nous pratiquons avec l’hypno thérapie ou la stimulation

Coup d’envoi du programme de musico-thérapie

Le  programme  d’art-thérapie  à  dominante  musique  a  démarré  le  13  juin  à  l’Institut  Bergonié  avec  20  patients  sous  la  direction  du  Dr  Fabrice  Lakdja,  chef  du  département  anesthésie-réanimation-algologie  à  l’Institut  Bergonié.  Pour  financer  les  vacations  de l’art-thérapeute à l’Institut et l’acquisition d’instruments de musique nécessaires à sa pratique, la Fondation s’est engagée à hauteur de 6700 euros le 4 avril dernier, lors de son deuxième conseil d’administration.

La musico-thérapie, comment ça marche ?

Marine Cougoul, 29 ans, art-thérapeute :« Tout commence par un moment d’échange avec le patient, avant de lancer une petite musique d’ouverture pour le mettre en confiance. On enchaîne avec des exercices de détente corporelle, suivis d’exercices vocaux. Puis vient le temps de l’expression musicale : percussions, guitare, chant, c’est selon les envies. Chaque séance se clôt par un moment d’échange sur les sensations ressenties. Suivant l’état du patient, j’adapte ce déroulé. Les maîtres mots de l’art-thérapeute sont l’adaptabilité et la plasticité ! L’idée est d’arriver à donner les clés au patient pour le plonger dans un état de bien être qui le soulage voire lui fait oublier sa douleur, afin qu’il puisse le reproduire de manière autonome, chez lui à la maison, par exemple.»

J’utilise souvent cette image pour illustrer la douleur : imaginez une pièce noire, le malade se trouve à l’intérieur. Le thérapeute ouvre une porte, une deux fenêtres pièce et l’éclaire. Le patient choisit une ouverture, la musicothérapie en est une. L’objectif est de devenir autonome pour être soulagé pour participer à son soulagement. L’autohypnose fait appel au même processus de détente et de changement de perception de soi. Il faut à tout prix que le patient arrive à retrouver ce moment. La musique est utilisée comme un ancrage pour sortir de l’immobilisation que provoque la douleur, et permettre de voir les choses différemment.  Le  maître  mot  est  « changement  de  vision ».  Le  corps  doit  redevenir  un  ami.  Le  pire  pour  un  patient,  c’est  la  dépendance. Ici, il s’éloigne de lui-même pour aller vers ce qui lui plaît.

6 séances par patient, cela paraît peu…

FL : Ça suffit ! L’objectif en 6 séances pour le thérapeute est d’initier une technique pour que le patient reprenne la main.

Que  ferez-vous des résultats observés au terme de ce programme dont la fin est prévue à la mi-novembre ?

Fl : Après avoir étudié les réponses aux questionnaires d’auto-évaluation soumis à différents stades du traitement à tous les patients qui auront participé, je compte présenter les résultats au conseil d’administration de la Fondation sans qui jamais un tel programme n’aurait trouvé de financement. Ces résultats viendront enrichir les moyens non conventionnels que j’utilise depuis des années au Doloquium (Dol = douleur ; loqui = parler ; ium = lieu) de l’institut pour aider à soulager la douleur.

Des recherches et une expérimentation rigoureuse en milieu hospitalier ont permis depuis les années 1970 d’intégrer la musicothérapie dans plus de 400 centres de soins en France et de mettre en place de nombreux centres de formation à ces techniques. La méthode de pédagogie musicale appliquée à la musicothérapie, dite musicothérapie active, a surtout été développée depuis la seconde guerre mondiale, utilisée pour soulager les douleurs des soldats sévèrement